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PROLIFÉRATION DES ARMES DE GUERRE : La difficile équation des braconniers et des bandes armées April 16, 2018

Le ministre de l’Administration territoriale (Minat) a ordonné la fermeture des armureries. Cependant, il reste à régler le problème des armes de guerre qui circulent à nos frontières.

Dans son communiqué du 4 avril 2018, le Minat prescrit aux gouverneurs des Régions de l’Adamaoua, du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest :

  • l’interdiction de la vente des armes de chasse et de protection ;
  • la fermeture de toutes les armureries ouvertes ;
  • l’inventaire exhaustif des stocks d’armes et de munitions disponibles dans les armureries, ainsi que les commandes en cours ou en instance ;
  • l’identification de tous les détenteurs d’armes disposant d’autorisation d’achat ou de port d’armes.

Selon le Mindef, le nombre des armes à feu en circulation est passé de 20 000 à 24 000 au cours de ces trois dernières années. En juin 2017, plus de 150 armes et plus de 5000 munitions tous calibres sont brûlées à Bertoua ; En 2008, WWF révèle qu’une kalachnikov coûtait entre 50 000 et 100 000 F CFA.

«La prolifération et la circulation illicite des armes à feu de tous calibres et de leurs munitions» dont «les proportions préoccupantes représentent une réelle menace à l’ordre public» inquiète le Minat. Qui, dans un communiqué rendu public le 4 avril 2018, prescrit aux gouverneurs des Régions de l’Adamaoua, du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Nord- Ouest et du Sud-Ouest «l’interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de la vente des armes de chasse et de protection ; la fermeture de toutes les armureries ouvertes dans lesdites régions ; l’inventaire exhaustif des stocks d’armes et de munitions disponibles dans les armureries, ainsi que les commandes en cours ou en instance ; l’identification de tous les détenteurs d’armes disposant d’autorisation d’achat ou de port d’armes».

Si la mesure ministérielle est salutaire en ce qui concerne les armureries dont les fichiers ne sont jamais à jour, l’on observe que d’autres facteurs favorisent la prolifération et la circulation des armes dans notre pays. En effet, en mars 2018, selon des chiffres actualisés par le ministère de la Défense (Mindef), «le nombre des armes à feu en circulation est passé de 20 000 à 24 000 armes au cours de ces trois dernières années». Pour le Mindef, «cette prolifération des armes à feu est la conséquence des crises sociopolitiques que traverse le Cameroun ces derniers temps, aussi bien dans le cadre de la guerre contre le mouvement terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, la lutte contre les milices sécessionnistes dans les Régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-ouest, sans oublier des combats contre les incursions de milices centrafricaines dans la région de l’Est».

Une kalachnikov à 100 000 FCFA  Dans la Région de l’Est par exemple où il y a très peu d’armureries, en plus des conséquences des multiples crises centrafricaines sur la sécurité locale, depuis mars 2013, le ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) révélait déjà que «la faune et l'écotourisme sont sérieusement menacés par la circulation illégale des armes de guerre dans les aires protégées de trois des quatre départements de la région (Lobéké et Boumba Bek dans la Boumba et Ngoko, le parc de Nki et la réserve biosphère du Dja dans le Haut-Nyong, et les nombreux sites touristiques de la Kadey).»

© Repères : Bernard Bangda

⇒ Via JetCamer.com
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